Comment défaire Stephen Harper
Après le succès de l’élection du 2 mai, les Néo-démocrates étaient au comble de la joie. Quelques mois plus tard, avec la perte Jack Layton, nous étions en proie à l’abattement. Aujourd’hui, alors que se livre une campagne au leadership, les gens se tournent maintenant vers l’avenir et se demandent où nous allons comme parti et comment nous pouvons défaire Stephen Harper.
Évidemment, nous devons réélire les gens que nous avons actuellement au Parlement. Nous ne pouvons pas reculer. Il s’agit donc pour nous de maintenir nos valeurs sociales-démocratiques, d’agir comme opposition efficace et de consolider notre nouvelle base québécoise.
Je suis issu d’une tradition de vie communautaire plusieurs fois millénaire où nous comprenions que notre force collective dépendait de la force de chacun. Sans égard à votre rôle dans la collectivité, tout le monde mangeait, tout le monde avait un foyer, tout le monde avait de l’eau potable et tout le monde participait pleinement aux décisions. Je suis un social-démocrate.
Dans mon travail avant de devenir député fédéral, je faisais partie d’une opposition au gouvernement du Québec où nous faisions figure de David contre Goliath et nous avons eu gain de cause. Je sais comment opposer, comment proposer quelque chose de meilleur et comment réunir les gens à l’avantage de tous. Ce qui se passe aujourd’hui dans ma circonscription en est la preuve.
Parce que notre principal concurrent au Québec est le Bloc, et non Stephen Harper, la tâche d’y consolider notre base doit revenir à quelqu’un qui parle la langue et surtout, à quelqu’un qui apprécie et comprend les traits et les nuances particuliers de sa culture pour que nous puissions bâtir un appui durable sur le terrain. Ayant vécu et travaillé vingt ans à Québec, une ville qui m’est très chère, je peux faire cela.
Je sais que nous pouvons maintenir notre base et que nous allons le faire, mais nous devons aller plus loin. Nous devons remporter les soixante prochains sièges.
Premièrement, nous devons mettre de l’ordre dans notre propre maison. J’ai rencontré quelques-unes de nos associations de comté les plus petites; j’ai entendu ce dont ils ont besoin et ce qu’ils n’obtiennent pas. Pour assurer notre croissance, nous devons les appuyer dans leur démarche de recrutement. J’ai rencontré certains des extraordinaires candidats et candidates qui sont arrivés bons deuxièmes au dernier scrutin et je sais que nous pouvons les aider à combler l’écart qui reste à la prochaine élection. C’est en les appuyant que nous allons gagner. Nous ferons ces choses pour nous-mêmes et pour ceux et celles qui se joindront à nous.
Deuxièmement, nous devons retirer à Stephen Harper l’appui qu’il ne mérite pas.
Nous commencerons par retourner à nos racines dans le Canada rural. Les communautés rurales sont en train de se vider de leur substance et les gens sont en colère. Les Conservateurs ont trompé les gens, misant sur la grogne à propos de questions sociales controversées tout en minant leur avenir économique. La décision d’abolir la Commission du blé n’est qu’un début. Ils s’attaquent maintenant aux offices de commercialisation du lait et des œufs. Ils ne seront pas satisfaits tant que Viterra et Cargill et Monsanto ne contrôleront pas chaque parcelle de terre agricole dans ce pays. Que ce soit les arbres, les minéraux ou l’énergie, ils extrairont les ressources de la terre avec de vagues promesses d’emplois temporaires en ne laissant rien de durable à la place qu’une cicatrice sur l’environnement. Les choses n’ont pas à être ainsi. Lorsque nous étions la CCF, les Canadiens et les Canadiennes des régions rurales savaient que nous étions de leur bord. Nous devons leur tendre la main de nouveau avec respect, écouter leurs doléances et agir en leur nom.
Lorsque nous le ferons, ils reviendront à nous et nous grandirons ensemble.
Nous devons également comprendre le Canada des banlieues. Que ce soit les néo-canadiens qui sont partis des villes ou des mères et pères de famille qui accompagnent leurs enfants au soccer ou au hockey et qui ont grandi dans ces villes, les gens veulent essentiellement les mêmes choses. Ils veulent la liberté de vivre leurs vies comme ils l’entendent et ils veulent la sécurité pour leurs enfants et l’avenir. Le NPD peut offrir cela. Nous pouvons éviter le paternalisme et respecter la capacité des gens de prendre leurs propres décisions. Nous pouvons nous engager à produire des budgets équilibrés et à offrir une saine gestion financière pour assurer la sécurité fiscale, contrairement au bilan des Conservateurs. Nous pouvons favoriser un sens de la collaboration et de cohésion sociale dans notre société plutôt que de monter les gens les uns contre les autres, attisant constamment la peur comme l’a fait Stephen Harper. Nous pouvons insister sur un environnement plus propre, des communautés plus sûres, la meilleure éducation et de nouveaux emplois et nous pouvons travailler avec les gens pour réaliser ces objectifs. Lorsque nous ferons cela, ils se joindront à nous et nous grandirons ensemble.
Troisièmement, nous devons mettre fin à l’attaque de Stephen Harper contre les Canadiens et les Canadiennes. Nous devons rejoindre et représenter les désabusés. J’étais l’un d’eux. Si vous connaissez mon passé, vous savez que j’avais raison de l’être. Je comprends la situation, je sais qu’elle peut changer, je sais comment amener ce changement et je sais que les gens se joindront à nous à ce moment-là. Je me suis rendu dans les communautés, écoutant les gens et bâtissant le parti. J’ai entendu ce qu’ont à dire les Premières Nations, les jeunes et les pauvres. J’ai été avec les « 99 % », d’Edmonton à Halifax. Il y a des capacités inutilisées et des aspirations non réalisées partout au pays. Nous pouvons canaliser cette énergie en quelque chose de constructif. Nous pouvons être de leur bord. Lorsque nous ferons cela, ils lutteront pour nous et nous grandirons ensemble.
Le Canada peut avoir l’économie la plus forte, l’environnement le plus sain et la société la plus juste au monde. Il nous suffit de défaire Stephen Harper.